La Plume d’érable

« La petite fille qui aimait Stephen King » pour l’amour d’une soeur

La petite fille qui aimait Stephen King nous entraîne dans l'univers particulier d'Emilie et des efforts de sa soeur Julie pour y être admise.

La petite fille qui aimait Stephen King, une plongée dans le monde de l’autisme

Synopsis

La petite fille qui aimait Stephen King nous entraîne dans l'univers particulier d'Emilie et des efforts de sa soeur Julie pour y être admise.« La petite fille qui aimait Stephen King » est un roman de Claudine Dumont publié aux éditions XYZ en 2015. Il s’agit d’une plongée dans le monde de l’autisme. Celui d’Emilie, une jeune fille « différente » qui aime lire Stephen King, écouter de la musique, s’habiller chaque jour d’une couleur spécifique et entendre sa soeur Julie lui lire « Alice au Pays des Merveilles ». Mais tout va changer le jour où la jeune fille tombe dans un trou alors qu’elle est en vacances dans le Maine. Elle en ressort « différente » mais autrement. Même Julie n’arrive pas à la comprendre. Pour y parvenir, elle est prête à tout.

Je ne vous livrerais pas la fin pour ne pas gâcher votre plaisir. Sachez seulement que je ne m’y attendais pas du tout tant l’atmosphère du roman nous menait ailleurs. Claudine Dumont nous emmène sur les chemins du fantastique, puis de l’horreur pour nous ramener vers le quotidien avec une grande maîtrise.

Émilie a toujours été différente, mais sa différence a changé. Il y a eu l’accident, et elle s’est transformée en quelque chose qui ne s’explique pas, qui ne se tolère pas. Et puis, elle ne semble plus avoir besoin de sa grande soeur, Julie, qui était pourtant la seule à pouvoir accéder à son monde troublé par l’autisme. Julie, dès lors, ne sait plus quoi faire pour aider Émilie, elle ne la reconnaît pas. Elle va donc tout tenter pour comprendre, pour réparer, pour «trouver une solution», pour aider ce que sa sœur est devenue. Elle ira jusqu’à prendre des décisions impossibles, poser des gestes insensés, pour retrouver sa petite soeur d’avant.

Un roman sur l’autisme et l’amour entre soeurs

Si le roman débute avec une description précise des troubles autistiques d’Emilie; il est surtout question de la manière dont Julie perçoit sa soeur. Mais aussi comment elle parvient à faire partie de l’univers mental de sa soeur. Malheureusement, l’accident dont est victime Emilie va tout changer. Julie se retrouve éjecter du monde de sa soeur. Elle n’arrive pas à l’accepter et fait tout ce qui est en son pouvoir pour y être de nouveau admise. Quitte à cacher la vérité au monde. On se demande d’ailleurs parfois si Julie n’est un peu « différente » elle aussi.

L’amour fusionnel qui unit les deux sœurs est poignant mais aussi dérangeant tant Julie se coupe des autres pour appartenir à l’univers de sa cadette.  Nous sommes néanmoins loin des clichés sur l’autisme. Le trouble d’Emilie est évoqué avec pudeur et nuance; elle communique avec le monde qui l’entoure mais se plie à certaines manies. Elle devient même plus inquiétante après l’accident alors que ses troubles semblent s’atténuer.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré « La petite fille qui aimait Stephen King ». L’histoire est palpitante et rythmée. L’écriture est nuancée et évocatrice. Quand à la révélation finale, je suis restée scotchée tant je ne m’y attendais pas. Le lecteur est happé par l’univers d’Emilie et Julie. Et pour faire le lien avec le titre, l’auteure a su nous fournir un hommage réussi au maître Stephen King. A lire d’urgence.

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