Fanfan d'Alexandre Jardin raconte l'histoire d'un amour dont le héro retarde la consommation au maximum.
Littérature française

Fanfan- Alexandre Jardin

Fanfan d’Alexandre Jardin: apologie de l’amour courtois ?

Fanfan d'Alexandre Jardin raconte l'histoire d'un amour dont le héro retarde la consommation au maximum.Fanfan d’Alexandre Jardin (Folio) est le second roman de cet auteur que je lis après Autobiographie d’un amour.
Voici le pitch: Alexandre Crusoé est un jeune étudiant de 20 ans. Enfant, il a assisté à la vie libertine de ses parents et s’est juré de ne jamais se comporter comme eux. Romantique indécrottable, il est persuadé que l’usure du temps est le pire ennemi de l’amour et que la seule façon de conserver la passion des débuts est de ne jamais conclure. Lorsqu’il rencontre Fanfan, il se rend immédiatement compte que la fantasque jeune femme est celle qui lui ai destinée. Et bien qu’il soit fiancé à Laure; il décide donc de séduire Fanfan sans jamais consommer sa passion. Cette dernière ne l’entend pas de cette oreille et fera tout pour qu’il fasse d’elle sa femme.

Conception romantique ou manipulation ?

Pour commencer, ce roman d’Alexandre Jardin m’a mise mal à l’aise. Ce que le personnage décrit comme de l’amour fou ressemble plus à de la manipulation et de la cruauté. Tout au long du texte, Fanfan est manipulée par cet Alexandre qui ne veut pas vivre dans le monde réel. La cruauté de ses stratagèmes pour ne pas consommer son amour est vraiment dérangeante, comme une sorte d’amour courtois à sens unique. Bien entendu, l’héroïne se rebelle contre cette cour éternelle forcée et finira elle aussi par suer de malice avec son amoureux pour parvenir à ses fins. Néanmoins, ses motifs me paraissent plus sains que ceux du narrateur. Pour être totalement honnête, j’aurais même préféré que Fanfan laisse Alexandre dans sa chimère et qu’il finisse seul dans son monde imaginaire. Mais puisque nous sommes dans un roman d’Alexandre Jardin, la fin se doit d’être heureuse.

Une écriture vivante

Côté style, je n’ai par contre aucune réserve. J’aime le style limpide d’Alexandre Jardin et le brin de folie qu’il parvient à mettre dans chacune des situations. La narration est vivante, les descriptions dosées à la perfection. Comme j’aimerais connaître Kerr Emma et converser avec Monsieur Ti. Les personnages sont bien sentis, décrit avec suffisamment de détails pour qu’on puisse les imaginer. Sans pour autant forcer le lecteur à s’enfermer dans une vision unique. Et même si on n’est pas tout de suite séduit pour le personnage du narrateur, c’est finalement l’atmosphère du roman et ses personnages qui nous entraîne dans l’aventure.

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4 Comments

  1. Vincepenny says:

    J’ai eu la même impression en lisant ce roman : Alexandre est plus manipulateur que sincèrement romantique. Il vit dans son monde et fait souffrir Fanfan pour qu’elle accepte de se plier à ses règles. La fin m’avait plus agacée qu’autre chose.

    1. Je me suis dit que la fin était la victoire de Fanfan puisque finalement c’est elle qui fait jouer Alexandre selon ses règles.

      1. Vincepenny says:

        Oui, on peut voir ça comme ça… Mais bon, j’aurais préféré que Fanfan finisse par se désintéresser d’un homme aussi tordu…

        1. Mais dans ce cas, ce ne serait pas un livre d’Alexandre Jardin 😉

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